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Classic rock posters : 1952-2012 : 60 ans d’affiches rock ~ Mick Farren, Dennis Loren

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Une Histoire de l’Art de l’Affiche

Une représentation devant un public est par définition un instant fugace. Que ce soit une pièce, un concert ou un show comique, elle dure un temps donné allant de quelques minutes à plusieurs heures, puis vient le final et c’est déjà de l’histoire ancienne. Cette histoire peut, en certaines occasions, être conservée pour la postérité, sous forme d’un enregistrement audio ou vidéo, mais parfois rien ne subsiste d’elle, à part les souvenirs du public, peut-être un programme, quelques photos, et le matériel publicitaire utilisé pour promouvoir le spectacle. Dans le monde moderne, la plus grande partie de ce qui est préservé pour la postérité – grâce aux téléphones portables, à YouTube et autres gadgets – ne devrait probablement pas l’être. Mais, même en pleine révolution numérique, la chose imprimée reste encore le souvenir le plus populaire et le plus durable d’un événement éphémère – et de tous ces éphémères imprimés, les affiches et les posters sont vraisemblablement les préférés des collectionneurs.

L’utilisation de l’affiche publicitaire comme objet d’art remonte à environ deux cents ans, époque à laquelle elles sont apparues sous toutes les formes et toutes les tailles, et ont couvert une multitude de sujets. Parmi les premières affiches destinées à attirer l’attention du public, on trouve celles dessinées pour l’opéra, les récitals de musique, les courses de chevaux, les combats de boxe professionnels et autres événements sportifs. Les cirques et les carnavals ont été parmi les premiers à utiliser des images en couleur pour leurs affiches promotionnelles, et ces représentations extravagantes et souvent tape-à-l’oeil d’hercules de foire, de femmes à barbe, de funambules et de trapézistes sont maintenant très prisées et très chères. L’histoire n’a pas retenu le moment exact où les affiches ont été utilisées pour la première fois comme forme de décoration ou réellement considérées comme dignes d’être collectionnées, mais il semblerait que, quelque part au cours de la première moitié du xixe siècle, les tavernes et les brasseries ont commencé à accrocher des affiches sportives sur leurs murs. Alors qu’on avance dans le siècle, les usines fabriquant les produits les plus divers, du savon au tabac, commencent à créer des objets publicitaires extrêmement décoratifs dont les affiches sont les meilleurs exemples. Des oeuvres d’artistes célèbres sont même utilisées dans ces campagnes.

En 1886, la compagnie Pears Soap achète le célèbre tableau de Sir John Everett Millais, A Child’s World, change son titre en Bubbles et demande à Millais la permission de rajouter une savonnette Pears dans l’image mièvre du petit garçon soufflant des bulles de savon avec une pipe en terre. Au départ, l’idée lui répugne, mais après avoir empoché 2200 livres sterling, Millais accepte à contrecoeur. Francis Barraud, de son côté, ne voit aucun inconvénient à ce que sa toile de 1898 titrée His Late Master’s Voice soit achetée par la Gramophone Company. On y voit un chien noir et blanc du nom de Nipper écouter, interrogateur, un des tout premiers gramophones. Comme pour Bubbles, le nom original est simplifié en His Master’s Voice et le tableau, avec diverses modifications, survivra jusqu’à aujourd’hui en tant que logo de RCA aux États-Unis et de HMV au Royaume-Uni.

À la fin du XIXe siècle, l’interaction entre les beaux-arts et l’art de l’affiche atteint son sommet quand on commande à Henri de Toulouse-Lautrec des affiches pour le Moulin Rouge ainsi que pour d’autres boîtes de nuit, des artistes parisiens, la société de bicyclettes Simpson et pour le photographe R Sescau. Une partie de l’avant-garde parisienne accuse Lautrec de se prostituer en travaillant pour des intérêts commerciaux, mais l’ancien aristocrate rebelle, handicapé physique, méprise ces accusations, souriant probablement en sachant que nombre de ses amis et compagnons les plus proches sont réellement des prostitués et des travailleurs sexuels.

En dépit des piques de la bohème snob, les affiches de Lautrec font tomber les barrières entre arts innovateurs-et commerciaux. Des dérivés graphiques de l’Art nouveau, et plus tard de l’Art déco, vont rapidement trouver leur place dans la conception d’affiches promotionnelles, faisant un usage fréquent et accrocheur d’images stylisées de jeunes femmes attirantes et souvent très légèrement vêtues. Ces publicités influencées par les beaux-arts ne sont en aucune façon réservées aux spectacles et aux boîtes de nuit. La lingerie et les parfums, les produits alimentaires et l’alcool, les chaussures et les automobiles utilisent tous des visuels d’avant-garde. Dans la première moitié du XXe siècle, une population plus mobile crée un marché pour les voyages de vacances que l’industrie de la publicité est prompte à exploiter. Les gares et les agences de voyages s’animent avec des illustrations sophistiquées en couleur – des représentations romantiques de Capri ou de La Havane, du Golden Gâte Bridge ou de la tour Eiffel. Les affiches de voyage sont aussi parmi les premières à être encadrées et accrochées comme décoration d’intérieur, conférant une touche soi-disant cosmopolite à n’importe quelle maison, avec des images pittoresques de paquebots majestueux et des tout premiers avions de ligne aux formes élégantes.

Au même moment, le succès du cinéma entraîne d’autres innovations décoratives. Les affiches de films se multiplient dans toutes les grandes et petites villes du monde développé. Elles sont tape-à-l’œil, attrayantes et sexy, et fournissent des souvenirs convoités des films qu’elles annoncent et des premières stars du cinéma comme Rudolph Valentino ou Mary Pickford au moment où celles-ci se constituent un public de fans. L’affiche de film, tout à la fois objet de collection ou d’exposition dans la maison, partie du décor et reflet des goûts et du caractère du propriétaire, survivra jusqu’à aujourd’hui.

Pourtant, les affiches qui font appel à l’art contemporain d’avant-garde ne sont pas toutes des publicités. Les affiches de propagande politique sont tout aussi novatrices et possèdent parfois un impact visuel encore plus saisissant. Celles produites par les bolcheviques en Russie, les loyalistes de la guerre d’Espagne, la révolution maoïste en Chine, et la révolution cubaine attirent rapidement les collectionneurs et sont aujourd’hui des objets recherchés. Le célèbre portrait du héros révolutionnaire Che Guevara, titré Guerrillero Heroico, pris en 1960 pour le journal cubain Rewlución par le photographe Alberto Korda, fait maintenant partie des images les plus connues au monde. Pendant des décennies, Korda a autorisé la reproduction de sa photo sans demander de droits, mais en 2000, quand la Vodka Smirnoff l’a utilisée dans une campagne publicitaire, le photographe a intenté un procès et obtenu 50 000 dollars, dont il a fait don au système médical cubain. Une secte de collectionneurs similaires mais beaucoup moins recommandables s’est aussi formée autour des images du Parti Nazi, qui constituent une partie d’un marché, essentiellement invisible mais très étendu, consacré aux souvenirs nazis, possédant des liens suspects avec des groupes politiques néo-fascistes et des partisans de la suprématie blanche.

Biographie de l’auteur

Mick Farren et Dennis Loren, adapté par Stan Cuesta. Stan Cuesta, musicien et journaliste, a long temps écrit dans Rock & Folk et collabore aujourd’hui au magazine Rolling Stone. Il est l’auteur de nombreux livres sur la musique comme Queen (Albin Michel), Edith Piaf, Léo Ferré, U2 (Librio), Nirvana, une fin de siècle américaine, Jeff Buckley (Castor Astral), L’Homme à la moto (Scali) ou Histoire de la chanson française en vinyls (Ereme/ Ed. Stéphane Bachès). Il est également traducteur de Babylon’s Burning, The Clash et John Cale (Au Diable Vauvert).

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