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Bénarès : Au delà de l’éternité ~ Xavier Armange

39,00  18,90 

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Très richement illustré de plus de 175 photos étonnantes et de textes éclairants, ce livre témoigne d’un des hauts lieux du patrimoine indien. Un monde encore hors du temps entre le Moyen-Age et la modernité.
L’auteur a réalisé ce qui n’avait encore jamais été fait, une seule photo des 5 km de berges du Gange avec ses ghâts, son animation, les milliers de pèlerins qui se baignent dans ses eaux sacrées, ses palais en ruine, ses sadhus, ses bûchers de crémation…
L’architecture, la religion,le quotidien des Indiens, les castes, le pur et l’impur, la vie, la mort, et des rencontres surprenantes… l’auteur raconte et témoigne de dix années de fréquentation de cette ville foisonnante, la plus vieille au monde toujours active. Des photos exceptionnelles; instantanées de vie émouvantes, riches en couleurs, chargées de vérité.
Une longue photo à la fin du livre, en dépliant géant hors-texte de 1,60 m de long ( 7 volets recto-verso) montre l’essentiel des berges de ce lieu magique.
Un texte original, vécu et très documenté, entre le carnet de voyage et le documentaire. Des photos inhabituelles, témoignage vivant d’une ville encore hors du commun.

Finalement, le Doon Express n’aura eu qu’une heure et demie de retard quand vous poserez le pied sur le quai de la gare de Cantonment dans la bousculade des flux et reflux simultanés, violents comme les vagues successives des pluies de mousson, l’entassement des bagages et des gens, les cris de vendeurs de tchai, les odeurs d’eau de rose, d’ammoniaque, de sueur et d’humanité souffrante.
Votre premier sac sera embarqué par un premier porteur et le second dans d’autres mains, double bakchich oblige. Vous traverserez avec peine l’immense hall devenu dortoir bariolé où d’innombrables familles attendent. Un train sans doute, une vie meilleure ou la délivrance qu’on vient chercher en pérégrinant ici comme on va à La Mecque ou à Lourdes. Les porteurs vous imposeront un taxi, vieille Ambassador à la Tintin. Non. Alors un moto-taxi, tuk-tuk à trois roues encapoté de noir. Non. Un vélo rickshaw (prononcer rikcha) ? Vous direz oui. Oui. Leurs conducteurs sont les plus misérables, les plus maigres avec des yeux injectés qui peinent après douze heures de pédalage intensif à trouver au creux de leur dolti les quelques roupies qu’il leur faudra pour vivre encore une journée de plus et pour acheter le soir le mauvais alcool de riz qui les aidera à dormir quelques heures, recroquevillés dans le panier de leur tricycle. Avec ceux-là on ne discute pas le prix. On essaie seulement de leur faire comprendre où l’on va. Beaucoup ont fui la misère de Dacca, parlent le bengali et rien d’autre, émigrent dans la ville sacrée avec le simple espoir de pouvoir manger, pédalant toute la journée sur un vélo qu’ils ne pourront jamais acheter. Quand ils recevront votre pourboire qui double le prix de la course, leur sourire furtif vous redonnera un peu de bonne conscience, celle du voyageur épuisé par des heures d’un train bondé qui rêve d’une douche dans une chambre routarde avec vue sur le Gange. Une chambre pas chère dont le prix d’une seule nuit représente deux semaines du travail de votre conducteur.
Dans la nacelle cahotante vous submergera d’abord une déferlante de chaleur, moite, que les ventilateurs et les fenêtres ouvertes du train vous avaient fait un peu oublier; le bruit assourdissant des klaxons ; les moteurs pétaradant de gros nuages de fumée en compétition avec les groupes électrogènes qui tentent de suppléer aux coupures quotidiennes d’électricité. Et cette vague humaine, votre part de ce gros milliard d’Indiens, poussera vers vous mille tentacules, mains sans phalanges des lépreux, doigts menus des gamins à la recherche d’une roupie et d’un stylo, demandeurs et vendeurs de n’importe quoi.
Coincé entre un bus bondé et une camionnette Tata branlante, vous retiendrez jalousement vos bagages entre une charrette à bras convoyant des monceaux de ballots, d’autres rickshaws, des milliers de rickshaws lourds de grappes animées, de pièces de soie, d’entassement d’enfants en uniforme, retour de l’école, de musulmanes rigides dans leur armure noire, escortées par leurs maris en pyjamas blancs, de commerçants enturbannés, de balayeuses indoues cambrées dans des saris multicolores, belles comme des princesses des Mille et une nuits, parées de leurs bijoux d’or, toutes leurs richesses sur cette terre, et de sâdhus barbus plus ou moins saints, armés de leurs tridents, les trois signes de Shiva peints sur leur front ridé. Vous attendrez que les vaches sacrées finissent de ruminer de vieilles offrandes de fleurs et des lambeaux de sacs plastiques pour gagner quelques précieux mètres sous le regard impuissant de policiers kakis armés de lathis de bambou. Un groupe de pèlerins, vêtu d’orange, escortés par leur gourou, tentera de vous couper la route, un enterrement aussi peut-être, le mort paré d’un suaire brillant dominant sereinement l’agitation sur son échelle de bambou porté par quatre chandals pressés d’atteindre les bûchers de crémation, Manikarnika Ghât, but final du voyage, ultime purification.
A Godaulia, au plus fort de l’agitation, vous approcherez du fleuve sacré et ce sera aussi la fin de vos épreuves. Quand vous descendrez de votre plateforme branlante, mille autres mains se tendront pour vous guider, vous aider, vous vendre des cartes postales, de la soie, des offrandes, des massages, des sutras, des mantras, de la came, des filles ou la bonne aventure. Vous vous engagerez à pied dans le sombre labyrinthe des ruelles sombres du chowk, sentant l’urine, la bouse, les charognes en décomposition, l’encens et les fleurs des offrandes. Contre quelques pièces on vous remettra sur le bon chemin avec la promesse d’une visite demain à la factory de brocart, à l’angle du temple au lingam de Shiva, symbole phallique enduit de poudre rouge.
Suant, soufflant, crotté, fourbu, vous découvrirez enfin votre balcon sur le Gange.
Vous serez arrivé au but de votre voyage, dans la plus vieille ville du monde, pour beaucoup la plus sacrée. Bénarès.

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